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23 octobre 2008 : Aujourd'hui, un témoignage édifiant sur le (dys)fonctionnement de la faculté des langues de Lyon 3.
23-10-2008
Mahmoud MELIANE
MCF de langue et littérature arabes
Membre au CNU, section 15. Elu
Membre au Bureau Autonome Sup
Mail :
mahmoudmeliane@yahoo.fr
 

LA FACULTE DES LANGUES LYON 3

DYSFONCTIONNEMENT PERMANENT

 

Voici un extrait d’un courrier adressé par le Délégué d’un syndicat au Président de l’Université Jean Moulin Lyon 3 en date du 4 juin 2008 : « Le personnel administratif s’est plaint de pressions constantes de la part du doyen. En 2006, une pétition avait été signée par plus de 160 membres du personnel administratif, la responsable administrative a été limogée sans raison valable, des contractuels n’ont pas pu avoir leur contrat renouvelé alors qu’ils avaient l’assurance orale qu’il le serait. L’année dernière, malgré l’évocation du problème lors de plusieurs CPE, la situation ne s’est pas améliorée, plusieurs conflits ont eu lieu et, comme chaque année, des demandes massives de mutation ont été faites […

Cette année, il semble qu’il y ait à nouveau des problèmes au sein du personnel administratif, avec des mouvements prévus. Le turn over  est particulièrement fort dans cette Faculté, notamment à la scolarité, ce qui ne peut que nuire au bon fonctionnement des services. Il s’agit d’ailleurs d’une des composantes où les personnels se plaignent le plus de stress au travail… »

 

LA GESTION AUTOCRATIQUE DU DEPARTEMENT D’ARABE / TURCO-PERSAN  :
NEPOTISME, FAVORITISME, HARCELEMENT MORAL

En 2003, le département d’arabe / turco-persan avait élu son responsable (M C F, H .D .R). Le vote a eu lieu à bulletin secret. Quelques mois après, on l’écarta arbitrairement pour désigner à sa place le candidat malheureux (On lui donne un pseudonyme Mr S). Les protestations de tous les enseignants du département contre le non respect du choix démocratique n’étaient pas entendues. Mr S était alors M .C .F non H. D. R. Depuis le complot, il gère le département d’une façon autocratique.

Le responsable limogé est spécialiste d’islamologie et enseigne en brevet le turc et le persan. Le chef installé et le doyen, M. C. F d’italien, l’excluent du département, et ce malgré l’opposition de tous les arabisants Les étudiants en arabe ne sont plus invités à suivre des cours de turc ou de persan. Coupées de leur vivier naturel, ces deux langues sont tuées à petit feu et ne sont plus enseignées à Lyon 3. Il ne reste plus à l’enseignant que de partir à l’étranger en détachement.

Tous les chargés de cours recrutés avant le complot sont licenciés abusivement l’un après l’autre. Pour les remplacer, Mr S. faisait appel à des enseignants de Lyon 2 et des lycées. Il a même recruté une secrétaire à Lyon 2. Elle lui a été recommandée tout simplement parce que sa mission était terminée. Elle n’avait aucun diplôme d’arabe. Dans un tel climat, on peut imaginer les mauvaises conditions du travail tant pour ses collègues que pour les étudiants.

En 2004, Mme S, son épouse, a été recrutée Maître de conférences. Immédiatement, il lui a confié la gestion de la filière LEA qui venait juste d’être recréée, uniquement sur sa demande. Pourtant, je suis l’enseignant le plus ancien du département .L’épouse n’a jamais convoqué les membres titulaires pour concertation sur la situation de cette filière. L’époux approuvait ses actes. « C’est spécial ! » disait-il.

Il convient de signaler que Mr S est devenu Professeur, assesseur du doyen, membre du Conseil de la Faculté, responsable du Master et de la Recherche (Sans centre de recherche, puisque le Ministère n’a pas retenu son projet), directeur de la Formation Continue. Il est aussi, le seul enseignant du département membre titulaire de la commission de spécialistes. Quant à moi, élu membre suppléant d’une enseignante de grec, je n’ai jamais eu la possibilité de participer aux délibérations. L’enseignante en question ne m’a jamais proposé de la remplacer, même quant il s’agit de recruter un arabisant.

En 2007 – 2008, M. S impose une nouvelle maquette qualifiée de «Réforme » (Volume horaire, matières, crédits…). Les bacheliers sont divisés en deux groupes ; les uns sont inscrits en 1ère année et les autres en année dite zéro.

 

ANNEE DITE ZERO

Les inscrits acquittent les mêmes droits d’inscription que les autres. Mais, le volume horaire pour les semestres 1 et 2 est 120h TD seulement dispensées par un seul enseignant. Pas d’examens en Majeure arabe. Crédits : zéro. Contrairement aux promesses de Mr S, le CROUS refuse d’accorder des bourses aux dits « étudiants », puisqu’ils ne sont pas en 1ère année universitaire.
Année zéro en LCE + année zéro en LEA = 2 années zéro      Crédits : 2 zéros.

 

LA PREMIERE ANNEE

Le volume horaire pour les semestres 1 et 2 est 145h TD en tout, c’est-à-dire, environ le 1/3 du volume horaire du chinois ou de l’anglais. Dans ces conditions, il serait difficile de donner une formation universitaire adéquate. Et pourtant, la maquette offre pour si peu d’heures en arabe 37 crédits. On est en droit de s’interroger alors pourquoi un tel cadeau ?

A titre de comparaison avec la maquette supprimée, les étudiants en 1ère année Majeure avaient plus de 450h TD de cours d’arabe. Il faudrait signaler que, pour l’arabe, le chinois et le japonais, le Ministère accordait à la 1ère année 50h TD supplémentaires .Il répondait ainsi à une demande émanant de plusieurs enseignants. Ces cours étaient dispensés avant la rentrée universitaire. Souvent, les époux S les assuraient en arabe. Lorsqu’un jour, Mr S décida qu’une partie des bacheliers apprend mieux l’arabe avec 145h TD qu’avec plus de 450h TD sur une année et que l’autre partie apprend mieux avec 265h TD sur 2 années qu’avec plus de 450h TD sur une seule année.

Contrairement à l’ancienne maquette, la « réforme  mentionne que les étudiants doivent attendre le 3ème trimestre pour découvrir la littérature et la civilisation d’expression arabe. Ces étudiants, qui sont lésés dans leurs droits tout simplement parce qu’ils ont choisi d’étudier l’arabe à Lyon 3, sont privilégiés par rapport à leurs collègues bacheliers comme eux, mais qui se trouvent en année zéro. Ces derniers doivent attendre le 5ème semestre pour se familiariser avec ces deux matières.

De plus, M. S. s’est permis de préciser que les cours concernent l’époque moderne. Or, comment cerner le moderne sans connaître le classique ? Chacun sait que l’histoire de la littérature arabe et de la pensée arabo-islamique, qui s’étend sur plus de 15 siècles, ne marche pas en reculant.

 

LE DESASTRE DU DEPARTEMENT

Laissons de côté l’année zéro et mettons l’accent sur le bilan de la 1ère année :
La liste fournie par l’Administration comporte 21 inscrits (es). Donc, pour les statistiques du Ministère, il y a un groupe de 21 étudiants (es). Mais dans la réalité, plus de 2/3 ont fait défection avant même le début des cours. C’est un phénomène nouveau qui coïncide avec la nouvelle maquette. Le bilan est quasi nul, puisqu’en 2èmeannée, selon la liste des présents à mon cours de littérature, trois seulement se sont réinscrits (es) dont deux refont la 1ère année Mineure arabe. Au vrai, la maquette ne peut que conduire à l’échec, mais aussi à un sentiment de frustration et de colère. On est tout à fait en droit de se poser des questions sur les motifs réels de la prétendue « réforme ». (Avec l’ancienne maquette, il y avait plus de 50 présent (es) en 1ère année et plus de 27 en 2ème année)

Les époux S ne veulent pas donner de cours d’arabe ni en 1ère ni en 2ème année Ils ne veulent pas non plus donner des cours d’arabe en année dite zéro. Ce ne sont pas eux qui font face au malaise des étudiants, désorientés et totalement découragés. Les responsables de la maquette devraient assumer les conséquences du blocage du département. Comment avancer avec un tel bilan catastrophique jusqu’au doctorat ? Tout comme sa composante turco-persan, le département risque de mourir à petit feu simplement pour cause de dysfonctionnement permanent.

Dans un intérêt général, j’ai cru bon alerter Madame la Ministre et ainsi que l’ex-directeur de l’enseignement supérieur et de la recherche sur le dysfonctionnement à la Faculté des Langues, en vain. Deux de mes collègues, l’un Professeur et l’autre MCF, se sont joints à moi pour demander au Président de Lyon 3 d’intervenir, sans résultat.
Les démarches successives du Délégué d’un syndicat mentionné en haut sont restées sans suite. Quant au doyen, il soutient sans réserve son assesseur Mr. S.

 

ACTES INACCEPTABLES

Depuis le complot antidémocratique, je n’ai plus de tâches administratives ; Mr S m’a enlevé la responsabilité de vérifier la recevabilité des demandes d’équivalence et d’accueillir les étudiants étrangers. Il m’a pris aussi la responsabilité pédagogique du DEUG que le département m’a confiée suite à des élections .De plus, il se permet de nier mes droits pédagogiques ; m’indique des programmes à observer (Littérature moderne ou classique, prose ou poésie…), fait abstraction de toute proposition, refuse l’élaboration des emplois du temps par la concertation et m’envoie, les matières à assurer quelques jours avant la rentrée.

De plus, je suis systématiquement écarté de l’enseignement en Master à son profit personnel, au profit de son épouse et aussi de son ami dont le nom commence par B (Chargé de cours, enseignant dans un lycée).
Pour parvenir à leur but, les époux S recourent à leur méthode bien particulière. Exemple : La dernière pseudo réunion qui a eu le 30 avril 2008. Objet : « Préparation des emplois du temps pour la rentrée 2008 – 2009 »

Le département comprend 5 membres titulaires : Madame G, Professeur, Mr S, Professeur, Madame S, MCF, Mr T, MCF, Mr Y, PRAG et moi-même, MCF

Mr S inaugura la séance en disant : « On commence par les Masters 1 et 2. Madame G et Mr T se partageront la matière Civilisation. ».
Immédiatement, Madame S demanda à Mr S ; « Prends tes heures »
Mr S répondit : «  Je prend Littérature tout seul » (sans partage).
Ensuite, Mr S demanda à Madame S : “ Prends tes heures”.
Madame S répondit : “Je prend Linguistique toute seule » (Sans partage).
Mr S donna la matière Traduction à un enseignant Chargé de cours non présent dans la réunion.

En somme, les délibérations se résument ainsi : « Prendre » le maximum d’heures (des centaines d’heures T. D) et « donner » juste ce qu’il faut à mes collègues pour me priver de tout. Il me reste : zéro heure, comme d’habitude.

 

RECOURS HIERARCHIQUE

2007 - 2008

Dans un intérêt général, j’ai cru bon de demander au doyen de mettre fin au dysfonctionnement permanent dans le département d’arabe. Une réunion sur ce sujet a eu lieu le vendredi 6 septembre2007. Elle n’a donné aucun résultat ; le doyen s’est borné à défendre ardemment son assesseur et exercer des pressions sur moi. J’ai envoyé une lettre à l’ex-président de Lyon 3 pour solliciter son intervention, en vain.
Mes démarches ont eu l’effet contraire ; Mr S non seulement m’interdit d’intervenir en Master, mais aussi me prive d’encadrer les étudiants.

Un étudiant en Master 1 a bien voulu transgresser l’interdit de  Mr S en choisissant un thème de recherche avec moi. Après plusieurs entretiens, l’étudiant et moi sommes entendus sur un sujet conforme à son projet professionnel. Mr S a refusé de signer le document administratif « Dépôt de sujet de mémoire bibliographique » sous ma signature. En revanche, il l’a signé sous la direction d’une autre personne, avec le même sujet

Par ailleurs, j’ai envoyé, par voie hiérarchique, une lettre en RAR à Madame la Ministre et ainsi qu’à Monsieur l’ex-directeur de l’enseignement supérieur et de la recherche, afin de les alerter sur l’état peu heureux du département d’arabe Mais, je n’ai reçu aucune réponse, et la situation a empiré. Un entretien avec le nouveau Président de Lyon 3 sur ce sujet a eu lieu le vendredi 16 novembre 2007, sans suite.

2008 - 2009

Concernant la pseudo réunion précitée, j’ai porté l’affaire devant le Président de l’Université. .Un entretien avec lui a eu lieu le vendredi 11 juillet 2008, en présence du Délégué d’un syndicat Le Président a relevé que le dysfonctionnement ne touche pas uniquement le département d’arabe / turco-persan mais aussi d’autres départements à la Faculté des Langues. Il a promis d’en parler au Doyen.
A la rentrée 2008 – 2009, le Délégué syndical m’a adressé un courriel m’indiquant qu’un entretien sur mon recours hiérarchique eu lieu entre le Président et Mr S, en sa présence.

 

CONCLUSION

Mr S s’obstine à porter atteinte à mes droits et à ma dignité à son profit personnel, au profit de son épouse et aussi dans l’intérêt de son ami B. Par conséquent, il continue de me harceler moralement. Le Président n’a pas voulu obliger Mr S à me « donner » des cours en Master, comme le lui a suggéré le délégué syndical. Les époux S se sont accrochés à leur décision prise lors de la dernière pseudo réunion.

Pourtant, dans un courriel adressé au Délégué syndical, en date du 27 juin 2008, le Président avoue: « Je ne vous cache pas que la gestion en Faculté des Langues des personnels administratifs comme des personnels enseignants devient problématique… ».Mais, il ne fait rien.

Le refus du Doyen de faire cesser le harcèlement exercé par son assesseur, malgré mes demandes répétées, constitue des pressions morales sur moi et contribue au dysfonctionnement permanent à la Faculté des Langues.

 

N.B. : Les années zéro (Cursus sur 4 ans) ne concernent pas uniquement le département d’arabe, mais aussi des départements qui ont de très faibles effectifs. Ex : L’hébreu, le grec et le russe. L’année dernière, en 1ère année de grec, j’ai découvert, par hasard, qu’une seule personne était présente dans le cours.

 

Mahmoud MELIANE
MCF de langue et littérature arabes
Membre au CNU, section 15. Elu
Membre au Bureau Autonome Sup
Mail :
mahmoudmeliane@yahoo.fr
 
 
 

© Autonomesup-LSH 2008 Dernière mise à jour : 23-oct-08